Réunion de sensibilisation

ECONOMIE>>  BESOIN DE SECURITE SOCIALE ET DEVELOPPEMENT

Renforcer la justice sociale ne va pas sans difficultés nouvelles dans un monde ou l’interdépendance des marches financiers, des marches des produits et des marches du travail s’accélère et ou, les crises financières et économiques.

Quelle que soit la région ou elles se produisent, étant extrêmement contagieuses, avec des répercussions presque immédiates sur les marches du travail et les dispositifs de protection sociale, l’individu est moins arme qu’auparavant pour faire face seul aux risques économiques.

Les risques sociaux lies aux pandémies et aux conséquences prévisibles du changement climatique ont eux aussi un retentissement sur le niveau de protection des individus. Face à ces nouveaux risques systémiques qui se profilent au plan mondial, il faut pouvoir compter sur des systèmes de sécurité sociale nationaux plus solides que jamais. La mondialisation, avec ses risques mais aussi ses chances, ne peut se passer d’une sécurité sociale efficace.

Le rôle des systèmes de sécurité sociale dans le développement économique, l’adaptation aux évolutions structurelles et la gestion des crises.

 Les systèmes de sécurité sociale sont nécessaires à l’économie à sa session de 2007, la conférence internationale du travail (cit) a déclaré qu’un «modèle de sécurité sociale universel durable ou tout autre modèle national […] est essentiel pour améliorer la productivité et encourager les transitions vers l’économie formelle». L’importance de la sécurité sociale, en tant qu’elle constitue un préalable et non pas un obstacle à la croissance, était déjà largement reconnue dans le débat sur les politiques de développement, et cela bien avant que l’économie mondiale ne soit frappée par la crise.

La crise financière et économique mondiale a fait rapidement évoluer les positions sur le rôle de la sécurité sociale et a notamment permis de mettre en évidence le fait que les régimes de sécurité sociale assurent une fonction de stabilisateurs automatiques, tant sur le plan économique que sur le plan social. On a pu constater que, quel que soit leur niveau de développement, les pays dotes de systèmes de sécurité sociale étaient beaucoup mieux armes pour faire face aux répercussions sociales de la crise.

Les transferts monétaires et les autres mesures de sécurité sociale se sont révèles des outils précieux pour protéger les travailleurs et soutenir la demande intérieure, renforcer le capital humain, améliorer la productivité et, en définitive, assurer une croissance économique durable le cadre dans lequel s’élaborent les politiques de sécurité sociale impose aux décideurs d’apprécier conjointement objectifs sociaux et objectifs économiques. Des études indiquent que de nombreux pays sont parvenus à maintenir des régimes de sécurité sociale de qualité tout en affichant une forte croissance. Ce constat permet de franchir un pas de plus: non seulement les pays doivent être en mesure de faire coexister performance macroéconomique et modèles sociaux viables à long terme, mais ils doivent impérativement appliquer des dispositifs sociaux appropries, faute de quoi les politiques de libéralisation des marches, incapables de résorber les déséquilibres qu’elles suscitent inévitablement, seront vouées a l’échec.

S’ils sont bien conçus, les programmes de protection sociale contribuent automatiquement a la réduction de la pauvreté; ils exercent également une incidence indirecte sur la productivité de diverses manières: ils réduisent ou préviennent l’exclusion sociale; ils favorisent l’autonomisation des hommes et des femmes, en réduisant les obstacles qui freinent si souvent le développement de la petite entreprise ou pénalisent l’initiative individuelle; surtout, ils contribuent au renforcement du capital humain et assurent a la population active de bonnes conditions en matière de sante et d’éducation.

Diverses études se sont attachées a contrario à montrer précisément comment l’absence de protection sociale est préjudiciable à l’économie. Les imperfections des marches des capitaux, et plus précisément les difficultés d’accès au crédit ou autres contraintes qui barrent l’accès à l’investissement aux plus démunis, constituent a cet égard un obstacle de taille. Les difficultés peuvent être d’ordre financier, mais il peut également s’agir de problèmes d’accès a certaines ressources ou à certaines prestations – restrictions pesant sur l’exploitation des terres cultivables, sur l’accès aux soins de santé, impossibilité pour les enfants des familles les plus pauvres d’accéder au système éducatif, facteur dont on sait qu’il ne peut être que préjudiciable a la productivité future et, partant, à la croissance économique.

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Robert Gilbert SAYUMWE