Quand la CONAMUS et le PNSR unissent leurs forces contre le cancer du col de l’utérus au Burundi

Le cancer du col de l’utérus représente un défi majeur de santé publique au Burundi, touchant de nombreuses femmes chaque année.« Chaque année, près de 1 500 nouveaux cas sont diagnostiqués et plus de 1 000 femmes perdent la vie à cause de cette maladie largement évitable. Par ailleurs, environ 5 % des femmes qui se présentent pour le dépistage sont déjà atteintes de la maladie » Une maladie évitable mais qui demeure l’une des principales causes de mortalité chez les femmes au Burundi. De 2017 à 2022, environ 1 581 nouveaux cas ont été diagnostiqués dont 1 126 femmes en sont décédées, ce qui illustre l’ampleur du défi sanitaire.

À l’échelle mondiale, le cancer du col de l’utérus est le 4ème cancer le plus fréquent. Au Burundi, il figure parmi les cancers les plus fréquents chez les femmes et constitue la première cause de décès par cancer féminin, en termes d’incidence et de mortalité. Cette maladie est causée par une infection persistante au VPH, et touche de manière disproportionnée les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès à la vaccination et au dépistage reste limité. Avec une population de plus de 12,3 millions d’habitants, dont plus de la moitié sont des femmes, et près de 3,5 millions de femmes âgées de plus de 15 ans, le Burundi fait face à un risque élevé de survenue de cette maladie.

Pour contrer cette menace, le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) et la Confédération Nationale des Mutuelles Communautaires de Santé (CONAMUS) ont uni leurs expertises pour mener une vaste campagne de dépistage et de traitement du cancer du col de l’utérus dans tous les districts sanitaires de la province sanitaire de Butanyerera située au Nord du Burundi à savoir Kirundo, Mukenke, Kiremba, Tangara, Ngozi, Kayanza, Musema et Gahombo. L’activité qui a eu lieu en date du 28 au 30 octobre avait comme objectif decontribuer à la prévention du cancer du col de l’utérus par le dépistage précoce des lésions précancéreuses, l’orientation et/ou la prise en charge rapide des femmes éligibles.


[1] Propos du Dr Oscar NTIHABOSE, Directeur Général Responsable du Programme Prévention et Sécurité Sanitaire lors du lancement officiel de l’introduction du vaccin contre le virus du papillome humain (HPV) dans le Programme Élargi de Vaccination (PEV) organisé par l’UNICEF Burundi à Kibimba, 29 avril 2026

[2] GLOBOCAN 2020/2022, OMS.

Des chiffres alarmants émergent

Pour seulement le premier jour, 11% des femmes dépistées ont été trouvées des signes précancéreux dont 4% nécessite le transfert à un traitement vers les structures sanitaires spécialisées “ Ce sont des chiffres très alarmant qu’il ne faut pas prendre à la légère”, annonce Dr Guillaume NTAWUKIRIRYAYO, médecin de la province sanitaire de Butanyerera qui a publié ces chiffres de la première journée devant la presse qui était présente pour la couverture médiatique de cette campagne

Rôle du mouvement mutualiste dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus

Dans ce cadre, la pénétration territoriale du mouvement mutualiste s’avère essentielle pour relayer la communication, mobiliser les ménages adhérents et garantir une forte adhésion à l’échelle communautaire. En facilitant le contact avec les structures médicales spécialisées, le mouvement mutualiste a permis de mobiliser une population à répondre massivement à cette activité à travers les différents canaux de communication et les animateurs mutualistes en collaboration avec les agents de santé communautaire. Cela a permis le dépistage de 862 femmes ayant l’âge de 30 ans et plus.

La prise en charge médicale des cas positifs

Lorsqu’une femme mutualiste est positivement dépistée au cancer du col de l’utérus, la mutuelle assure son accompagnement et sa prise en charge médicale. Ce modèle réduit drastiquement les barrières financières aux soins de santé de qualité, s’inscrivant directement dans la trajectoire de la Couverture de Santé Universelle (CSU) prônée par le gouvernement et ses partenaires.

Dans le cas de la campagne du dépistage, 11,13% des cas positifs ont été directement traités sur place tandis que 0,69% des cas suspects de cancer ont été référées vers les structures de référence.

Recommandations et suggestions

  • La directrice de la CONAMUS a appelé aux femmes présentes au dépistage de s’affilier aux mutuelles de santé afin de minimiser leurs coûts concernant leurs soins de santé.
  • Les autorités sanitaires (comme dans la région sanitaire de Butanyerera/Ngozi) recommandent aux femmes de se faire dépister au moins une fois par an. Le dépistage précoce permet de détecter les lésions avant qu’elles ne deviennent un cancer, stade à la maladie est parfaitement curable ;
  • Les structures sanitaires (FOSA) ont été suggérées d’intégrer le service de dépistage du cancer de l’utérus pour que ça soit une activité de routine

Pour conclure, en adoptant une approche préventive, les mutuelles de santé contribuent à réduire une incidence des maladies lourdes au sein de leurs membres généralement et au sein de la communauté, ce qui contribue à la viabilité financière de la protection sociale en santé.

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